Nouvelle matière
10 février 2021

Le brevet pour recycler les mégots ♻

Par Sandrine Poilpre

Vous le savez déjà, les mégots sont classés comme déchets toxiques. Leur valorisation est un enjeu majeur pour l’environnement. Cependant le processus est contraignant lorsque l’on souhaite faire les choses bien

Après avoir transformé les déchets en ressource énergétique pour les cimenteries, EcoMégot voit plus loin et à long terme. Grâce à notre pôle Recherche & Développement, nous avons développé une nouvelle solution permettant de donner une seconde vie à nos mégots. Notre plus ? Toujours inscrits dans une démarche circulaire et environnementale, ce nouveau processus ne nécessite le recours à aucune eau, ni aucun solvant

Cette nouvelle matière plastique dispose de nombreuses propriétés mécaniques permettant de créer  une substitution à du plastique neuf 

La naissance de ce nouveau brevet répond à des problématiques actuelles comme la mise en place de la nouvelle REP (Responsabilité Elargie du Producteur) en janvier 2021. 

Filtres de mégots : vers une nouvelle matière recyclée et recyclable

Une fois la collecte des mégots, à vélo, terminée, ÉcoMégot sépare les composants : filtres, tabac, papier.  

Le tabac et le papier sont valorisés en énergie, le filtre, quant à lui, est récupéré puis traité séparément. Contrairement aux idées reçues, les filtres de cigarettes ne sont pas constitués de coton mais bel et bien d’acétate de cellulose, qui n’est rien d’autre qu’une matière plastique, qui plus est, un dérivé du pétrole. Ils sont ensuite broyés et mixés à d’autres plastiques recyclés. Grâce à un processus de fusion, ils sont montés en température pour que les différentes matières s’assemblent entre elles. 

Une fois ce premier produit obtenu, il est à nouveau broyé afin d’obtenir des granules exploitables pour être transformés en de multiples objets. 

Trois ans de R&D auront été nécessaires pour aboutir à ce procédé, spécifiquement conçu pour éviter la complexité d’un traitement énergivore des polluants présents dans l’eau et dans les solvants, utilisés par d’autres processus. Partout ailleurs, la valorisation matière des mégots existent. Ces déchets sont alors transformés en mobilier urbain, en papier, en briques mais la plupart de ces procédés sont destructeurs pour notre environnement car ils nécessitent une importante consommation d’eau pour travailler la matière et pour dépolluer les composants toxiques contenus dans les filtres des mégots. 

Quels seraient alors les objets créés à base de nos granules ? Tout est en cours d’analyse avec nos partenaires et nos laboratoires. Les premiers essais nous projettent vers la conception d’équipements sportifs

Affaire à suivre ! 

Une valorisation matière intelligente et locale

En parallèle de cette nouvelle transformation en matière recyclée, EcoMégot dispose d’une autre solution de valorisation mais cette fois-ci énergétique .  Il est alors question de transformer les mégots en combustible solide de substitution (CSS). En tant que déchet dangereux (DD), le traitement des mégots, exige un processus adapté et réglementé par la législation en vigueur. La matière première est alors broyée et mixée avec d’autres déchets toxiques puis transformée en CSS, dans des usines sécurisées et agrémentées. A l’apparence d’une petite briquette, ce combustible est utilisé pour alimenter les fours industriels en énergie thermique. Grâce à leurs propriétés internes, les déchets dangereux brûlent facilement et longuement sans laisser aucun résidu (cendres), susceptibles depolluer les sols. 

Cette valorisation comporte de nombreux avantages comme la réduction de notre dépendance aux énergies fossiles ou l’optimisation et la maîtrise de notre impact carbone en transformant localement nos mégots.  

Grâce à cette double valorisation, EcoMégot propose des solutions complètes, innovantes et surtout éco-responsables

Le saviez vous ? 

un seul mégot pollue 500 litres d’eau 

– l’eau est une ressource naturelle 

la dépollution de l’eau est très complexe et énergivore (c’est un processus qui nécessite l’utilisation de solvants, qu’il faut, par la suite, aussi dépolluer)